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ÙÙŰčÙÙÙÙ ŰąÙÙÙÙ ÙÙŰ”ÙŰÙŰšÙÙÙ ŰŁÙŰŹÙÙ ÙŰčÙÙÙÙ.
Au nom dâAllah le Tout ClĂ©ment, le Tout MisĂ©ricordieux
dont nous sollicitons lâassistance.
Louange Ă Allah, le Seigneur des mondes. Que sa paix et ses bĂ©nĂ©dictions soient sur notre Maitre Muhammad, sur sa famille et lâensemble de ses compagnons.
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FrĂšre ! Tu mâas demandĂ© quelques conseils ! Alors, Ă©coute en mĂȘme temps que mon Ăąme, quelques rĂ©alitĂ©s et huit petits rĂ©cits, formulĂ©s sous la forme dâexemples militaires[1], en te prenant comme un soldat. Etant donnĂ© que jâestime que mon Ăąme[2], plus que tout autre, a besoin de conseils,  je lui ai adressĂ© une fois, en mây attardant, « huit paroles », que jâai apprises Ă partir de huit versets coraniques.
Ces paroles, je vais, à présent, les raconter à mon ùme, en bref, et dans la langue comprise des masses.
Ainsi, quiconque le souhaite nâa quâĂ Ă©couter avec mon Ăąme.
[1]NursÄ« dit dâailleurs dans RisÄle-i NĆ«r en ce qui concerne la raison des histoires allĂ©goriques sous la forme d'histoires militaires: «L'homme est un soldat contre lâĂąme incitatrice au mal et satan ". (Mesnevi-i NĆ«riye)
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[2]ÙÙ۳ (an-nafs) LâĂąme. Dans le langage courant, le mot fait rĂ©fĂ©rence au «soi humain» en gĂ©nĂ©ral, mais il est utilisĂ© ici en tant que terme de spiritualitĂ© en tant que « ego inferieur », ou littĂ©ralement « LâĂąme incitatrice au mal». Le terme est coranique, tirĂ© des paroles du prophĂšte Yussuf (la paix soit sur lui) (Coran: Yussuf, 12:53). C'est le soi dâanimalitĂ© qui domine potentiellement l'homme, avant qu'il soit capable de surmonter ses penchants malĂ©fiques en s'opposant Ă ses caprices, en se livrant Ă des exercices d'ascĂšse, en se purifiant soi-mĂȘme et en priant. C'est «le soi qui penche vers la nature corporelle de l'ĂȘtre humain, ordonnant l'indulgence pour les plaisirs infĂ©rieurs et la satisfaction des convoitises sensorielles».
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PremiĂšre parole
[Bismillah]
 ۚÙŰłÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙ Ù Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah ", est le dĂ©but de tout bien, et câest par cette mĂȘme parole que nous aussi, nous allons commencer. Sache, toi mon Ăąme, que cette parole bĂ©nie nâest pas seulement l'insigne de l'Islam ; elle est aussi l'Ă©vocation que rĂ©citent toutes les crĂ©atures, chacune selon ses prĂ©dispositions[1].
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L'allégorie du voyageur affilié et du voyageur non affilié dans le désert
Si tu veux comprendre ce qui fait de la parole ŰšÙŰłÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙ Ù Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah ", une force Ă©norme et inĂ©puisable, ainsi quâune bĂ©nĂ©diction infinie, considĂšre ce court rĂ©cit symbolique et suis-en les pĂ©ripĂ©ties !
Tout homme qui se balade, dans les dĂ©serts habitĂ©s par les BĂ©douins, doit sâaffilier Ă un chef de tribu et se placer sous sa protection, pour Ă©chapper Ă la mĂ©chancetĂ© des coupeurs de route et parvenir Ă satisfaire ses besoins, sinon, il reste seul et malheureux, face Ă ses ennemis et ses besoins sans limite.
Dans un tel contexte, deux hommes voyageaient dans le dĂ©sert, l'un modeste et l'autre arrogant. Lâhomme modeste sâaffilia Ă un maĂźtre quelconque. Quant Ă lâarrogant, il ne sâaffilia Ă aucun chef. Celui qui sâĂ©tait affiliĂ© Ă un chef circulait en tout lieu et en toute sĂ©curitĂ©, disant Ă tout coupeur de route qui lâabordait : « Je circule au nom et avec la permission du Maitre, tel !», et automatiquement, le misĂ©rable s'Ă©loignait, incapable de lui nuire. â le misĂ©rable l'abandonnait, incapable de lui nuire.- Toutes les fois quâil accĂ©dait Ă une tente, il y suscitait le respect, grĂące au nom du chef quâil dĂ©clinait.
[1] (LisÄn al-áž„Äl) Tous les ĂȘtres de l'univers ont un langage qui leur est propre - c'est le lisÄn al-Äl, ou «langage de l'Ătat». Tout comme une communication significative avec des ĂȘtres humains dĂ©pend de lâapprentissage de la langue quâils parlent, il en est de mĂȘme de notre apprentissage de la langue de lâunivers, qui est une condition prĂ©alable Ă notre comprĂ©hension de sa «parole». L'univers est un livre Ă©crit par la plume de la puissance d'Allah, qui dĂ©crit ses noms et ses attributs sacrĂ©s. La lecture de ce livre nous permet dâacquĂ©rir une connaissance ou une «gnose dâAllah» [ma'rifat Allah], comme dans, par exemple, la forme particuliĂšre de chaque ĂȘtre parlant, dans la langue de son Ă©tat, du nom al-Mussawwir, « Celui qui fasconne », et dans la vie de toutes les crĂ©atures' parlant du nom al-MuhyÄ«, « Celui qui donne la vie ».
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Quant Ă lâarrogant, il sâexposa, au cours de ses dĂ©placements, Ă des malheurs indicibles. Toujours tremblant de peur et pratiquant la mendicitĂ©, il en Ă©tait venu Ă devenir vil et mĂ©prisable.
Alors, toi Ăąme arrogante, câest toi, ce promeneur, et ce bas monde symbolise le dĂ©sert ! Il nây a pas de limites Ă ton impuissance[1] et Ă ta pauvretĂ©[2]. Tes ennemis[3] et tes besoins y sont innombrables.
Puisquâil en est ainsi, affilie-toi Ă lâĂ©ternel Maitre, Ă lâadministrateur sempiternel de ce dĂ©sert, afin de ne plus avoir Ă mendier devant les crĂ©atures, et dâavoir la psychose dâun quelconque accident.
Oui ! Cette parole est, sans doute, un trĂ©sor bĂ©ni, grĂące auquel ton impuissance et ta pauvretĂ© sans limites te connecteront Ă une puissance et Ă une clĂ©mence sans fin, et ainsi ton impuissance et ta pauvretĂ© deviennent pour toı des intercesseurs[4] agréés, devant la porte dâAllah, le Puissant, le ClĂ©ment.
Oui ! Celui qui agit avec cette parole est comme quelquâun qui sâengage dans lâarmĂ©e, sâactive au nom de lâEtat, et de ce fait, nâa peur de qui que ce soit. En effet, il parle au nom de lâEtat et de la loi, exĂ©cute tous les travaux et rĂ©siste Ă tout.
[1]ŰčŰŹŰČ al-adjaj) Impuissance - vis-Ă -vis de son CrĂ©ateur, lâhomme est totalement impuissant et ne peut rĂ©aliser aucun de ses objectifs sans le pouvoir et la permission de son Seigneur. LâincapacitĂ© totale de lâhomme Ă crĂ©er est Ă©voquĂ©e dans le verset coranique :   « alors que c'est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez?» (Coran 37:96).
[2] (al-faqr) PauvretĂ© - l'Ă©tat de ne pas possĂ©der ce dont on a besoin, l'Imam fait rĂ©fĂ©rence Ă la pauvretĂ© existentielle et ontologique de l'homme. Il est dans un Ă©tat de besoin total et absolu d'Allah et il ne peut pas, par sa propre force, rĂ©aliser ou acquĂ©rir rien de ce dont il a besoin pour ce monde dâici-bas ou pour lâau-delĂ . On y fait allusion dans le verset coranique - Dis: «O Allah, MaĂźtre de l'autoritĂ© absolue. Tu donnes l'autoritĂ© Ă qui Tu veux, et Tu arraches l'autoritĂ© Ă qui Tu veux » (Coran 3: 26).
[3] (Al-aduww) Ennemi - le mot ennemi désigne ici toutes les tribulations envoyées par Allah à ses serviteurs
[4] (al-shafÄ« â) Intercesseur. Une chose ou une personne dans laquelle Allah manifeste la capacitĂ© dâintervenir les pĂ©chĂ©s humains afin quâils soient pardonnĂ©s, un peu comme la maniĂšre dont la lumiĂšre du soleil se reflĂšte dans un miroir. Il existe un consensus dans la tradition islamique selon lequel le prophĂšte Muhammad, bĂ©nĂ©diction et paix soient sur lui, sera l'intercesseur de tous les croyants le jour du jugement.
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Nous avons dit, au dĂ©but, que toutes les crĂ©atures disaient, selon leur cas spĂ©cifique, ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah " nâest-ce pas ? Si !
[Ce n'est qu'en agissant au nom d'Allah que les ĂȘtres de la nature sont capables dâeffectuer leurs fonctions]
Si tu voyais une seule personne venir conduire par la force tous les habitants de la ville, vers un endroit quelconque, les rĂ©quisitionnant pour des travaux, tu saurais pertinemment, quâun tel homme ne sâactive, ni en son nom propre, ni par propre force, mais quâil est plutĂŽt un soldat qui sâactive au nom de lâEtat et sâappuie sur la force du sultan. De la mĂȘme maniĂšre, tout sâactive au nom dâAllah, mĂȘme les noyaux et les spores qui, aussi minuscules que lâatome, supportent dâĂ©normes arbres et soulĂšvent des poids de lâordre des montagnes. En consĂ©quence, chaque arbre dit ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah " et remplit ses branches de fruits provenant du trĂ©sor de la clĂ©mence, des fruits quâil nous offre, comme sâil Ă©tait un vendeur les exposant au marchĂ©.
Chaque verger dit ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah " et devient une des marmites de la cuisine de la capacitĂ© divine oĂč lâon prĂ©pare, abondamment, en les combinant, plusieurs mets dĂ©licieux.
Tous les animaux bĂ©nis, tels que les vaches, les chameaux, les moutons et les chĂšvres disent ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah " et deviennent une source de lait Ă©manant de lâexubĂ©rance de la clĂ©mence divine, nous offrant au nom du Pourvoyeur[1], la nourriture la plus agrĂ©able et la plus propre, telle que lâeau de la vie.
[1] (Ar-RazzÄq) Le Pourvoyeur - un nom d'Allah. Celui qui a créé le moyen de subsistance ainsi que les crĂ©atures pour lesquelles il fournit, et a créé un moyen par lequel ils pourraient en profiter..
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Les racines des plantes, des arbres et des herbes ainsi que leurs tiges aussi fines et souples que de la soie disent ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah ", perforant les rochers et le sol sec quâils traversent disant :Â ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah " et ŰšÙŰłÙÙ Ù Ű§ÙÙÙÙ Ű§Ù۱ÙÙŰÙÙ ÙÙ "au nom du ClĂ©ment " de sorte que tout leur soit soumis.
Oui ! La propagation des racines dans les rochers durs et le sol sec, avec une facilitĂ© absolue, et le fait quâelles donnent des fruits sous terre, de la mĂȘme maniĂšre que les branches se propagent dans l'air oĂč elles portent des fruits, le fait que les feuilles vertes, souples et minces restent humides sous la chaleur intense qui les brĂ»le pendant des mois ! Tout cela donne aux naturalistes une forte claque au visage, leur mettant le doigt aux yeux â puissent-ils ĂȘtre aveugles â (parce qu'ıls ne voıent pas la vĂ©ritĂ©) disant : MĂȘme la soliditĂ© et la chaleur sur lesquelles vous comptez, ne sâactivent que sur ordre. En effet, ces tiges aussi minces et souples que de la soie transpercent les rochers, Ă lâinstar du bĂąton de MoĂŻse (Paix sur lui), par rĂ©action Ă lâordre exprimĂ© en ces termes : ۧÙ۶Ù۱ÙŰšÙ ŰšÙŰčÙŰ”ÙۧÙÙ Ű§ÙŰÙŰŹÙŰ±Ù Â«Â Frappe le rocher de ton bĂąton ! [1] » Les feuilles aussi tendres et mines quâun papier de cigarette, rĂ©citent, Ă lâinstar des membres dâAbraham (paix sur lui), au regard de la chaleur le verset : ÙÙۧ ÙÙŰ§Ű±Ù ÙÙÙÙÙÙ ŰšÙ۱ÙŰŻÙۧ ÙÙ ŰłÙÙÙŰ§Ù Ùۧ « Feu ! Sois pour Abraham une fraĂźcheur salutaire ! [2] »
Du fait que toute chose prononce ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah ", symboliquement, elle attire les faveurs dâAllah et nous les offre, au nom dâAllah. Aussi, nous faut-t-il dire ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "au nom dâAllah ", donner au nom dâAllah et prendre au nom dâAllah. De mĂȘme, nous ne devons recevoir quoi que ce soit de gens nĂ©gligents[1] qui ne donnent pas au nom dâAllah
[1] (al-ghÄfil) nĂ©gligeant - quelqu'un qui suit les dĂ©sirs de son Ăąme incitatrice au mal, devenant de ce fait insouciante des rĂ©alitĂ©s spirituelles.
[1]Sourate la vache, verset 60.
[2]Sourate : les ProphÚtes, verset 69.
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Question : Nous offrons un prix Ă ceux que lâon peut comparer aux exposants les marchandises. Alors, quel prix demande Allah, le vĂ©ritable DĂ©tenteur des biens ?
RĂ©ponse : Le prix que nous demande de payer ce vĂ©ritable Bienfaiteur, en contrepartie de telles bienfaisances et de tels biens prĂ©cieux, sâanalyse en trois aspects :
PremiĂšrement : lâĂ©vocation[1]
DeuxiÚmement : la gratitude
TroisiÚmement : la pensée[2]
Lorsquâon commence ŰšŰłÙ Ű§ÙÙÙ "Au nom dâAllah " est une Ă©vocation, et lorsquâon termine ۧÙŰÙ ŰŻ ÙÙÙ "Louange Ă Allah " est un remerciement. Au cours des choses, le fait de rĂ©aliser que ces prĂ©cieuses et magnifiques bienfaisances relĂšvent du miracle[3] de la capacitĂ© dâAllah, l'Unique[4], As-Samad (Le Seul Ă ĂȘtre implorĂ© pour ce que nous dĂ©sirons.) et constituent des cadeaux dĂ©coulant de sa ClĂ©mence, rĂ©aliser tout cela se ramĂšne Ă la pensĂ©e.
De mĂȘme, le fait de baiser les pieds d'une personne pauvre venue tâapporter un cadeau prĂ©cieux, venant dâun sultan tout en ignorant celui-ci, relĂšve de la sottise mĂȘme. Ainsi, la louange et l'amour que lâon manifeste Ă lâendroit des bienfaiteurs apparents, tout en oubliant le Bienfaiteur Authentique, dĂ©notent, en eux-mĂȘmes, mille fois plus de sottise.
Alors, Ăąme, si tu ne veux pas ĂȘtre aussi sotte,
Donne au nom dâAllah !
Prends au nom dâAllah !
Commence au nom dâAllah !
Travaille au nom dâAllah !
ÙۧÙŰłÙۧÙ
(Bref !)
[1] (Al-dhikr) évoquer Allah/ se rappeler d'Allah - acte de dévotion consistant à évoquer, silencieusement ou à voix haute, les noms d'Allah lors de la contemplation de Ses créatures et de Ses actions, ainsi que de Ses attributs et de leurs effets.
[2] (At-Tafakkur) MĂ©ditation - L'intellect rĂ©flĂ©chit sur les significations inhĂ©rentes dans des choses afin d'arriver Ă la connaissance de leurs vraies rĂ©alitĂ©s. Le but de mĂ©diter sur la crĂ©ation dâAllah est de nous conduire Ă la connaissance dâAllah.
[3] (al-mu'jiza) Miracle - un miracle est un événement qu'Allah crée entre les mains d'un de ses messagers qui «enfreint les normes», c'est-à -dire qui met l'homme dans un état d'étonnement en dépassant ses hypothÚses sur les limites de la réalité normative.
[4] (al-Ahad) LâUnique- Allah, Celui qui est en Son ĂȘtre absolument Un, et qui nâest pas, en aucun cas, un composĂ©. C'est ainsi, explique Imam Nursi, qu'Allah manifeste ses noms et attributs dans toute sa crĂ©ation. (Voir la quatriĂšme parole de la deuxiĂšme station dans le vingtiĂšme Ecrit.)