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DIXIÈME ARGUMENT AXÉ SUR LA FOI
Extrait du bâton de Moïse (que la paix soit sur lui)
Première Station Du "Vingtième Écrit"
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ
لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ لَهُ المُلْكُ وَلَهُ الحَمْدُ يُحْيِي وَيُمِيتُ وَهُوَ حَيٌّ
لاَ يَمُوتُ بِيَدِهِ الخَيْرُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ وَإِلَيْهِ المَصِيرُ[1]
Il n'y a de divinité qu’Allah, lui seul, en dehors de tout associé, à Lui la royauté et à Lui les louanges. Il donne la vie et il donne la mort, et vit d’une vie non assortie de mort. Le bien est entre Ses mains. Il est omnipotent et c’est vers lui que se réalise la détermination.
Cette phrase d’ordre monothéiste dont la répétition après les prières du Fajr et du Maghreb confère plusieurs mérites et qui porte la stature du Nom Suprême d’Allah (Al-Ismu’l-A‘ẓam), conformément à un Hadith authentique, comporte onze paroles. Chacune de ces paroles contient une bonne annonce et un des degrés de l'unicité dans la seigneurie, englobant du même coup, la grandeur de l'unité et de la perfection de l’unicité, y compris le secret du Nom Suprême.
Sur la base d'une promesse antérieure, nous la dotons maintenant d’un index sous la forme d'un résumé complet composé de deux stations et d'une introduction. Quant à l'explication complète de ces grandes vérités supérieures, elle se trouve dans les autres épîtres.
[1] Il n'y a de divinité qu’Allah, Lui seul, en dehors de tout associé, à Lui la royauté et à Lui les louanges. Il donne la vie et Il donne la mort, et vit d’une vie non assortie de mort. Le bien est entre Ses mains. Il est omnipotent et c’est vers Lui que se réalise la détermination.
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Introduction : Ô Homme ! Sache, avec certitude, que la finalité la plus sublime de la création et que l’aboutissement le plus grand de la nature de l'homme est la foi en Allah (al-īmānu billāh), que le rang le plus élevé de l’humanité et la plus grande station des humains est la connaissance d’Allah (ma‘rifatullāh) inhérente à la foi en Allah, que le bonheur le plus radieux et que la faveur la plus agréable pour l’homme et le djinn est l'amour d’Allah (muhabbatullāh) inhérent à la connaissance d’Allah, et que le plaisir le plus pur pour l’esprit humain, la joie la plus grande pour le cœur humain est le plaisir spirituel inhérent à l'amour d’Allah.
Oui, le bonheur réel, dans son entièreté, la joie pure, l’agréabilité des faveurs et la suavité du plaisir ne résident, sans aucun doute, que dans la connaissance et l’amour d’Allah, car il n’y a ni bonheur, ni joie, ni faveur, ni plaisir sans eux. Celui qui connaît et aime Allah reçoit une infinité de bonheurs, de faveurs, de lumières et de secrets, soit potentiellement ou concrètement. Celui qui ne Le connaît pas vraiment, ni ne L'aime vraiment, connaîtra une infinité de malheurs, de douleurs, d’illusions matérielles et morales.
Oui, que vaut un homme impuissant, pauvre, sans maître ni protecteur dans ce monde misérable, parmi ces hommes infortunés en errance et dans une vie infructueuse, même s’il devient le maître du monde entier ?
Ainsi, tout le monde comprend à quel point l’homme sera malheureux et égaré dans ce monde misérable et périssable, parmi la masse d'êtres humains en état d’errance s'il ne connaît pas son Créateur, ni ne trouve son Maître.
Par contre, s'il trouve son Maître et connaît son Créateur, alors, il recourra à Sa miséricorde, se fondera sur Sa capacité, au point que ce monde sauvage se transforme en parc et lui serve de marché d’échanges commerciaux.
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Première Station : Il y a dans chacun des onze mots contenus dans cette parole monothéiste, une heureuse annonce, et dans chaque annonce une guérison et dans cette guérison un plaisir spirituel.
Première parole : Dans لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ « Il n'y a de divinité qu’Allah » réside une heureuse annonce : L'esprit humain qui tend à la réalisation d’une infinité de besoins et qui s’expose à l'attaque d'innombrables ennemis, trouve dans cette parole un point d’approvisionnement qui lui ouvre les portes des trésors d’une miséricorde lui garantissant et lui fournissant tout ce dont il a besoin. Il trouve aussi dans cette parole un point de référence qui lui fait connaître celui qu’il adore, son Créateur, le détenteur du pouvoir absolu qui le protège des méchancetés de tous ses ennemis, et lui montre son Maître, et le guide vers Lui.
Par cette guidance, il sauve le cœur de la solitude absolue et l'esprit de la douloureuse tristesse, tout en leur garantissant une joie durable et un plaisir éternel.
Deuxième parole : وَحْدَهُ « lui seul » Il y a dans cette parole une heureuse annonce remplie de guérison et de bonheur. En effet, l'esprit humain et le cœur de l'homme qui restent attachés et liés à la plupart des espèces d'êtres, et qui sont au bord de la noyade, dans la misère et la confusion créées par ces relations et ces connexions, trouvent dans le mot وَحْدَهُ un recours et un refuge les sauvant de toute cette misère et de cette confusion.
En d’autres termes, la parole وَحْدَهُ « lui seul » signifie implicitement : Allah est Un. Ne te fatigue pas en demandant quoi que ce soit à quelqu'un d'autre en dehors de Lui. Ne te soumets point, ni ne t’avilis, au point de te rabaisser devant les autres! Ne t’épuise pas en courant après eux. Ne tremble pas de peur devant eux.
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En effet, le Sultan de l’univers est Unique. C’est lui qui détient les clés de toute chose, les rênes de toutes les choses sont entre Ses mains. C’est sous Son ordre que se réalise toute chose [et se résout tout problème]. En Le trouvant, tu trouves la solution à toutes tes doléances, et tu te débarrasses de la redevabilité et des appréhensions infinies.
Troisième parole : لاَ شَرِيكَ له ''en dehors de tout associé''. En d’autres termes, Allah est sans partenaire dans Sa divinité et Son sultanat, du fait qu’Il est « Un » et il ne peut y avoir une multiplicité de divinités, d’autant plus qu’Il est sans partenaire dans Sa seigneurie, Ses actions et Ses créations. Parfois, il existe un seul sultan sans partenaire dans son sultanat, cependant ses agents sont considérés comme étant ses associés au niveau de ses actions et ne permettent pas à tous les individus d'entrer en présence de sa majesté. Ils leur disent « Consultez-nous [pour tout ce dont vous avez besoin]. »
Cependant, autant la Vérité, le Détenteur de la Majesté, le Souverain de la sempiternité et de l’éternité n’a pas de partenaire dans Son sultanat, autant Il n'a pas besoin d’agents et de partenaires dans la réalisation des actions de Sa seigneurie. Rien ne peut intervenir sans Son ordre, Sa volonté, Sa puissance et Sa force. N’importe qui peut directement faire appel à Lui pour ses affaires. Puisqu’il n’a pas d’associés, il ne sera jamais dit : « Interdit d’entrer ! Personne n’entre en Sa présence », à la personne qui souhaite Son aide.
Ainsi, cette parole évoque une bonne nouvelle pour l'esprit humain en disant : « L'esprit humain qui acquiert la foi peut entrer en présence d'Allah, le Beau, le Détenteur du Majestueux, le Puissant, le Détenteur de la perfection, et l’Eternelle, le Détenteur des trésors de la clémence et du bonheur, sans ingérence, ni cloison, ni entraves, dans tous ses états, au vu de toute doléance, en tout lieu et en tout temps, et peut exposer tous ses besoins. Ainsi que l’esprit humain peut obtenir une joie parfaite et un contentement total en entrant dans la clémence d’Allah, et en s’appuyant sur Sa puissance ».
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Quatrième parole : لَهُ المُلْكُ « Il détient le pouvoir ». En d’autres termes, tout le pouvoir Lui appartient. Tu es toi aussi Sa propriété et Son serviteur, et tu travailles dans le cadre de Sa propriété. Une telle parole dénote une heureuse annonce concernant l’accès à la guérison et dit : « Ô homme ! Ne te considère pas comme le détenteur de toi-même, car tu ne peux pas gérer, par toi-même, tes propres affaires. En effet, la charge est si lourde que tu ne peux la porter, toi seul. Tu ne peux pas éviter les calamités et les épreuves. Tu ne peux pas répondre à tes propres besoins. Donc ne souffre, ni ne te tourmente inutilement. Le pouvoir appartient à un autre que toi ! Ce Propriétaire est puissant et Miséricordieux. Appuie-toi donc sur Sa puissance et n'accuse pas Sa miséricorde. Cesse d’être triste et soucieux ! Apprécie Ses faveurs ! Réjouis-toi ! Laisse les ennuis, et le bonheur absolu te sourira ! »
Cette parole te dit : « Cet univers que tu aimes et avec lequel tu es spirituellement attaché, cet univers dont tu souffres des malheurs et des angoisses, sans être capable de le réformer, appartient à quelqu’un de Puissant et de Miséricordieux. Alors, remets le pouvoir à son détenteur légitime ! Confie-le-lui ! Ne t’accable pas de difficultés et de peines ! Jouis de ses délices et de sa félicité ! Il est Sage et Miséricordieux et agit sur Sa propriété comme il l’entend et le gère comme il veut. » Si tu te sens surpris, dis ce qu’a dit Ibrahim Hakki : «Voyons ce que le Seigneur décrète et fait! Ce qu’il décide est le meilleur et le plus beau. »
Observe l'univers par les fenêtres, regarde ce qu’il y a comme accidents et comme perturbations, et ne t’y aventure pas !
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Cinquième parole : وَلَهُ الحَمْدُ C'est-à-dire que la louange, l’éloge, la glorification et la gratitude lui sont propres et appropriés, à Lui seul. Toutes les faveurs proviennent de lui, découlent à profusion de ses trésors. Or ces trésors sont éternels.
Cette parole annonce une heureuse nouvelle disant : « Ô homme ! Ne souffre pas de la disparition de la grâce, car les trésors de la miséricorde ne s'épuisent jamais. Ne crie pas, et ne pleure pas non plus de la douleur que tu ressens en pensant à la disparition du plaisir, car le fruit de la grâce est un fruit résultant d'une miséricorde infinie. Son arbre est éternel. Ainsi, si un fruit disparaissait, tu trouverais de quoi le remplacer. Tu peux augmenter le plaisir de la grâce en le portant d'un degré à cent degrés, et cela en pensant avec gratitude à la compassion divine inhérente au plaisir de cette grâce qui est plus délicieuse que ce plaisir lui-même, de cent degrés.
Autant le plaisir d'une pomme que t’offre un grand Sultan, te fait sentir et connaître un plaisir supérieur à celui de cent pommes, voire mille, autant la parole وَلَهُ الحَمْدُ « à Lui les louanges », t’ouvre la porte d’un plaisir spirituelle plus délicieux que la grâce de mille degrés, et cela par l’intermédiaire de la louange et de la reconnaissance, c'est-à-dire en ressentant les grâces à travers les faveurs, en connaissant le bienfaiteur, réfléchissant sur ses bienfaits; c’est-à-dire en pensant aux bienfaisances de sa clémence et la sollicitude de sa compassion et la pérennité de ses faveurs.
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Sixième parole : يُحْيِي Cela signifie que c’est Lui qui donne la vie, et soutient celle-ci par les moyens de subsistance et en prépare les nécessités. Les nobles finalités de la vie Lui reviennent ainsi que les résultats importants qui en découlent. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ses fruits Le concernent.
Cette parole s’adresse aux êtres humains à la fois périssables et impuissants. Elle leur annonce l’heureuse nouvelle en ces termes : « Ô homme ! Epargne-toi la fatigue de supporter les lourdes charges de la vie ! Ne t’afflige pas en pensant à la fin de la vie ! Ne fais pas preuve de regrets et de ressentiments à propos de ta venue au monde, en observant les fruits de la vie terrestre qui sont sans importance. Plutôt, sache que la machine de la vie qui se trouve dans le navire de ton corps est la propriété du Vivant qui subsiste par lui-même (Al-Ḥayyu’l-Qayyūm), qui fournit ses moyens financiers et ses approvisionnements. Et sache que cette vie comporte de nombreuses finalités et de multiples conséquences qui, toutes, Lui appartiennent, aboutissent à Lui et Le concernent. Tu n’es dans ce navire qu’un timonier, alors fais ton devoir de la meilleure des manières, prends ton salaire, profite de ta vie et pense à ce navire de la vie. Combien il est précieux ce navire ! Quels beaux avantages que ceux qu’il présente ! Qu’il est Généreux et Miséricordieux le Propriétaire de ce navire ! Sois-en heureux et reconnaissant ! Sache que lorsque tu fais ton travail correctement, tout ce que ce navire produit sera enregistré d’une certaine façon dans ton livre, et t’apportera une vie durable que tu vivras éternellement.
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Septième parole : وَيُمِيت En d’autres termes, c'est Lui qui crée la mort, c’est-à-dire qui libère de la fonction de vie, remplace ta place dans ce monde périssable par une autre dans le monde éternel. Il dispense et libère du coût et du poids de la servitude, et cela signifie qu’il te transporte d’une vie périssable à une autre éternelle.
Cette parole crie aux djinns et aux hommes périssables et leur parle en ces termes : « Recevez la bonne nouvelle ! La mort n’est ni une exécution, ni une perdition, ni un écroulement, ni une extinction, ni une séparation à jamais, ni du néant, ni un hasard, ni un anéantissement sans acteur, mais une libération de la part d’un Acteur Sage et Miséricordieux, un changement de place, un déplacement vers le bonheur éternel et la patrie originelle, une porte donnant sur le Barzakh qui est le lieu de rassemblement de quatre-vingt-dix-neuf pour cent des êtres qui nous sont chers ».
Huitième parole : وَهُوَ حَيٌّ لاَ يَمُوتُ "Il est le vivant qui ne saurait mourir". En d’autres termes, Celui qui est perpétuellement Adoré et Aimé, le Détenteur de la beauté, de la perfection et de la bienfaisance dont la perfection, la beauté et la bienfaisance dépassent, dans une large mesure, ce qu’on observe chez les créatures de l’univers, dans leur globalité, en fait de perfection, de beauté et de bienfaisance conçues comme des moyens d’amour. Une seule touche de sa beauté nous libère du besoin de n’importe quel objet d’amour. Celui-ci a une vie éternelle permanente, exempte des impuretés de la disparition et de l’anéantissement, débarrassée des symptômes de la déficience et de la défaillance.
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Cette parole proclame devant les hommes, les djinns, devant tous les détenteurs de conscience, les gens d'affection et d'amour, en leur disant : "Voici que vous parvient l’heureuse nouvelle ! Vous avez un Être bien-aimé éternel qui traite les blessures causées par le fait de vos séparations illimitées d’avec vos proches, et Il les soigne avec une pommade. Tant qu’Il existe éternellement, ne soyez ni inquiets, ni anxieux, quoi que puisse arriver aux autres. Sachez, plutôt, que la beauté, la bienfaisance, la vertu et la perfection dans ces choses que vous aimez, toutes ces qualités qui sont les raisons de votre amour, ne sont qu’une portion d’un très faible reflet de la manifestation de la beauté éternelle de cet Être bien-aimé éternellement, filtrée et diffusée à travers une multitude de rideaux et de voiles. Ainsi, que la disparition de ces choses chères ne vous afflige point, car ceux-ci sont comme des miroirs, or le changement et la transformation des miroirs renouvellent et accentuent la splendeur et la beauté de Sa magnificence, car tant qu’Allah existe, tout existe.
Neuvième parole : بِيَدِهِ الخَيْر En d’autres termes, tout le bien est entre Ses mains. Toutes les bonnes actions que vous faites viennent de Lui et y retournent, et ce que vous faites comme bonnes actions est enregistré chez Lui. Une telle parole interpelle hommes et djinns, leur annonçant l’heureuse nouvelle en ces termes :
Ô vous autres misérables et impuissants, quand vous irez dans votre tombe, ne dites pas : « Malheur à nous, nos richesses ne sont plus qu’un lointain souvenir, et tous nos efforts sont devenus vains ; nous sommes sortis de ce monde spacieux et beau et sommes entrés dans un trou étroit ! »
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Ne criez pas au malheur ! Ne criez pas de désespoir, car toutes vos affaires sont préservées, votre travail consigné par écrit, et vos services enregistrés ! Certes, le Tout Puissant vous récompensera pour vos services, et entre Ses mains se trouve tout le bien, Lui qui est capable de faire toutes les bonnes choses, Il vous appellera et vous fera attendre temporairement sous terre, puis vous amènera en Sa présence. Réjouissez-vous de bonheur ! Vous avez mis fin à vos services et à vos fonctions. Vos difficultés et vos peines sont finies. A présent, vous vous acheminez vers le repos et la clémence. Finies, les difficultés du service, et vous allez recevoir la récompense.
Oui, le Tout-Puissant qui conserve les noyaux et les graines qui sont comme les feuilles du cahier des actions du printemps dernier, et les boîtes pour les contenir, Il les conservera et les distribuera au printemps suivant, non seulement sous la forme la plus belle et la meilleure, mais, en quantité cent fois plus abondante que l'original.
Oui, le Tout-Puissant sauvegardera aussi, inévitablement, les résultats de votre vie, et vous inondera de récompenses pour les services que vous aurez rendus.
Dixième parole : وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ "Et il est capable de toute chose". En d’autres termes, il est Un et Unique, capable de toute chose. Rien ne Lui résiste. Créer tout le printemps Lui est aussi facile que créer une fleur. La création du paradis est, pour Lui, aussi facile que celle du printemps. Les innombrables produits qu’il crée par le renouvellement et la continuité, chaque jour, chaque année et à tous les âges, témoignent dans une infinité de langues de Son pouvoir qui s’étend à l’infini.
Cette parole exhorte aussi l'être humain en disant : « Ô homme, les services que tu as rendus et la servitude que tu as effectuée ne seront pas vains.
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On t’a déjà préparé une demeure de récompense et un espace de bonheur. Un paradis éternel t’attend au lieu de ce monde périssable. Aie confiance en la promesse du majestueux Créateur que tu adores et que tu connais ! Compte sur Lui, car il est impossible qu’Il ne tienne pas Sa promesse. Sa toute-puissance ne souffre d’aucune déficience. L’incapacité ne saurait interférer dans Ses affaires. Il est capable de te créer le paradis de la même manière qu’Il t’a créé ton petit jardin. Mieux, ce paradis, Il l’a déjà créé et a promis de t’y faire entrer. Etant donné qu’Il te l’a promis, à coup sûr, Il t’y fera entrer. Etant donné que nous constatons, par l’observation, que le Tout Puissant ressuscite et propage chaque année sur la face de la terre plus de trois cents mille espèces d'animaux et de plantes avec une régularité et un équilibre parfaits, avec une facilité et une diligence parfaites, il ne fait aucun doute qu'un tel Tout Puissant est capable, inévitablement, de réaliser Sa promesse.
Puisqu’il est le Tout Puissant, Il crée chaque année des spécimens de rassemblement et de paradis revêtant des milliers de formes. Puisqu’Il promet le bonheur éternel et donne l’heureuse annonce du paradis dans tous Ses discours célestes et divins, puisque Ses procédures et Ses affaires restent vraies et réelles et se réaliseront avec précision et sérieux, puisque toutes les perfections traduisant Ses impacts attestent de Sa perfection infinie, et aussi du fait qu’Il n’a ni défaillance, ni manquement de quelque côté que ce soit, puisque la non tenue des promesses, le mensonge et la tromperie resteront, toutes, de très mauvaises caractéristiques, des marques de défaillance et de manquement, il ne fait aucun doute qu’un tel Tout-Puissant, un tel Sage et un tel Miséricordieux détenteur de la beauté et de la perfection, respectera Sa promesse et ouvrira les portes du bonheur éternel et vous introduira, vous les croyants, au paradis qui est la terre d’origine de votre père Adam ∞.
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Onzième parole : وَإِلَيْهِ المَصِيرُ "Et c’est vers Lui le retour". En d’autres termes, les gens qui ont été envoyés pour le commerce et la servitude avec des fonctions importantes dans ce monde qui est la demeure de l'examen et de l’épreuve, retourneront à leur Illustre Créateur qui les avait envoyés, après qu’ils auront réalisé leur commerce, terminé leurs missions et achevé leurs services. Ceux-là parviendront à leur Généreux Seigneur et Le rencontreront, c'est-à-dire qu’après leur départ de cette demeure périssable, ils auront l’honneur d’être en présence du Détenteur de la Grandeur dans la demeure éternelle. En d’autres termes, ils rencontreront leur Miséricordieux Seigneur qu’ils verront sans l’intermédiaire d’un rideau ou d’un voile, au siège de Son sultanat éternel, après avoir éliminé le chaos des causes et des voiles de sombres intermédiaires. Chacun trouvera et connaîtra, directement, sans intermédiaire, qui est son Créateur, qui est Celui qu’ils adorent, qui est leur Seigneur,leur Maître et leur Propriétaire.
Cette parole annonce une nouvelle au-dessus de toutes les autres en disant : « Homme, sais-tu où tu vas ? Où te conduit-on ?» Comme on l'a dit à la fin de la Trente-Deuxième Parole :
« Tu marches et t'acheminer vers le cercle de miséricorde, vers la haute station du Beau détenteur de la Majesté, par rapport à qui, une vie de mille ans vécus au paradis ne saurait correspondre à une heure d’observation de Sa beauté, vers ce paradis à propos duquel mille ans de vie heureuse passée ici-bas n’équivalent pas à une seule heure de vie qu’on y passe. »
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« Vous vous acheminez vers le siège de Celui qui est toujours adoré, Celui qui a toujours existé, vers Celui au regard de qui la beauté que vous désirez et admirez et que vous aspirez à avoir, les bien-aimés métaphoriques et toutes les créatures de ce monde, ne sont qu’une ombre de la manifestation de Sa beauté et de la beauté de Ses noms, Celui au regard de qui le paradis, avec toutes ses douceurs, n’est qu’une manifestation de Sa clémence, celui au regard de qui toutes les sortes de désir, d'amour et d'attraction ne sont qu’une lueur de Son amour. Vous êtes invités au paradis dont il est l’hôte éternel ; donc entrez dans la tombe en riant et non en pleurant ! »
De même, cette parole annonce l’heureuse nouvelle et dit : « Ô Hommes, ne vous imaginez pas et ne pensez pas que vous allez vers l'anéantissement, le néant, la perte, et l'obscurité, l'oubli, la désintégration, la déliquescence et la noyade dans la multitude. Plutôt vous allez vers l’éternité, et non vers l’anéantissement. On vous conduit vers une existence éternelle et non vers le néant. Vous accédez à un monde de lumières et non de ténèbres. Vous vous acheminez vers le Vrai Protecteur, le Maître. Vous retournez au siège du Sultan éternel. Vous vous délecterez et vous reposerez dans le cercle de l’unité et on ne vous laissera pas vous noyer dans la multitude. Vous êtes dirigés vers l’arrivée et l’union et non la séparation.
Sa‘īd Nursī