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Le fruit du murier noir
L’ancien Said en a parlé, s’exprimant par la voix du nouveau Saïd, du sommet du mûrier béni.
Mon interlocuteur n'est pas Ziya Pacha, mais les gens fascinés par l’Europe.
Le locuteur n'est pas mon âme (nafs), mais mon cœur parlant au nom du disciple du Coran.
Les paroles précédentes constituent une réalité, alors ne sois jamais méfiant. Garde-toi d’en outrepasser les limites !
Ne dévie pas vers la pensée européenne ; c'est de l’égarement qui te fait toujours regretter, alors, ne t’en préoccupe pas !
Tu vois des gens ayant plus de lumière et d’autres qui sont plus intelligent dire toujours du fait d’une telle méfiance : « Ah ! De qui et auprès de qui vais-je me plaindre alors je suis perplexe ? »
Le Coran me fait parler, alors je dis, je ne vais jamais me réserver.
Je me plains de Lui et auprès de Lui, et je ne suis pas aussi méfiant que toi !
Je crie au secours du Vérité auprès du Vérité, au lieu de dépasser les bornes comme tu le fais.
Je me plains de la terre auprès du ciel, au lieu de fuir comme toi.
Dans le Coran : l'appel a toujours lieu de la lumière à la lumière, et je n’apostasie pas comme toi.
Dans le Coran : la vérité et la sagesse, je les ai affirmées, et la philosophie, pour moi, ne vaut pas un sou.
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Dans Al-Furqan, il y a des vérités de diamants que je donne à mon âme et à mon cœur, mais je ne les vends pas comme toi.
Je vais de la création à la Vérité, au lieu de me perdre comme toi.
Je survole la route épineuse au lieu d’en fouler le sol comme toi.
Je remercie Allah de la terre au trône, au lieu d’être aussi ingrat que toi.
Je considère la mort et le terme de vie comme des amis, au lieu d’en avoir peur comme toi.
J’entre dans la tombe en riant de joie au lieu de paniquer comme toi.
Je ne considère pas, comme toi, la tombe comme une bouche de dragon, un lit de solitude et une gueule du néant.
La tombe m'amène auprès de mes proches ; je ne romps pas avec la tombe et je ne me fâche pas, comme toi.
Elle est une porte vers la miséricorde, une porte vers la lumière, une porte vers la vérité. Elle ne m’embarrasse point, et ne me fait pas reculer.
Je frappe à sa porte[1] en disant : « Au nom d’Allah ». Je ne me retourne pas ; et je ne suis pas pris de surprise.
Je m’y coucherai en disant : « Al hamdoulillah ». Je me repose, sans souffrance, ni solitude.
Je me lèverai après avoir entendu l’appel à la résurrection en disant : « Allah est très grand ! » Je ne crains pas le grand rassemblement[2], ni ne me retire de la Grande Mosquée.
Je ne m’attriste jamais, grâce à la bonté d’Allah, la lumière du Coran et la profusion de la foi.
Je courrai sans arrêt, et atteindrai, en volant, l'ombre du trône du Clément. Je ne serai pas aussi perplexe que toi, si Allah le veut
Said Nursī
[1] Je ne fuis pas en disant : « Hélas ! Quel malheur ! »
[2]J'écoute l’appel de Asrafil à l'aube de la résurrection et me lève en disant : Allah est très grand ! Je ne vais pas me retirer de la grande prière. Non plus, je n'ai pas peur du grand rassemblement (l’auteur).