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Deuxième parole
[La vraie foi transforme la vie humaine en un voyage heureux, alors que l'incrédulité fait en sorte que même le bien paraisse mauvais]
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ الَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِالْغَيْبِ [1]
Si tu veux réaliser ce qu’il y a dans la foi[2] comme bonheur et comme grâce considérable, ce qu’il y a comme plaisir et comme repos immense, considère ce court récit symbolique et suis-en les péripéties.
[L'allégorie de l’homme égoïstes et l’homme divin]
Un jour, deux hommes étaient sortis, en touristes, pour jouir et faire du commerce. L'un d'entre eux, égoïste et malheureux, avait pris une certaine direction. L’autre, l’homme divin et heureux en avait pris une autre. Chacun poursuivit son petit bonhomme de chemin.
[1]Qui croient à l'invisible Qur'an: al-Baqarah, 2:3
[2] (al-īmān) La vraie foi - l'assentiment du cœur et la confirmation de la langue à la vérité de la révélation qu'Allah a envoyée à notre prophète Muhammad (psl)
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L'homme égoïste, imbu de sa personne, outrecuidant et pessimiste, aboutit à une ville qu'il considérait comme très mauvaise, en rétribution de son pessimisme. A perte de vue, il ne voyait que de malheureux et débiles impotents crier et gémir sous l'oppression de tyrans extrêmement violents et sous le coup de leurs actes destructeurs. Il voyait, en tout lieu où le portait son errance, des scènes aussi tristes et douloureuses que cela, comme si la ville entière était dans un état de deuil généralisé. Pour ne pas être affecté par cette situation douloureuse et obscure, l’homme ne trouva d’autres moyens que celui de se réfugier dans l’ivresse, car tous ceux qu’il rencontrait n’étaient, à ses yeux, que des ennemis et des étrangers. De même, il voyait partout, des funérailles ahurissantes et des orphelins pleurant de désespoir, ce qui, vivement, lui tourmentait la conscience.
Quant à l’autre qui était divin, adorateur d’Allah et en quête de vérité, il avait un beau caractère. Il aboutit à une ville qui, selon lui, était extrêmement jolie. Ce brave homme vit, dans la ville où il était entré, des délices généralisés. Partout, dans cette ville, il y avait de la joie, des fêtes et des cercles d’évocation en extase et en transe. Les gens, dans leur ensemble, lui paraissaient être des amis et des proches. Il voyait dans toute la ville des cérémonies généralisées de libération où s’élevaient des cris de joie et des clameurs ponctuées de louange. Il percevait les sons des tambours et des chants accompagnés des cris Allāhu akbar et lā ilāha illallāh lors d'une cérémonie de recrutement de soldats, dans une atmosphère de joie et de gaité.
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Alors que le premier homme malheureux s’abandonnait à ses souffrances et à celles des autres, le second, heureux, se réjouissait de son sort et de celui des autres, entreprenant un commerce fructueux dont il rendait grâce à Allah.
[L'homme heureux rencontre le pessimiste]
Ensuite, s’en retournant, il croisa l’autre homme, prit conscience de son état, et lui dit : « Hé toi ! Tu es devenu fou. On dirait que ce qu’il y a en toi, comme vilénies se reflète, dans ta mine, de sorte que tu en sois venu à prendre le rire pour des pleurs et la libération pour du vol et du pillage. Retourne à ta droiture et purifie ton cœur, de manière à balayer de ta vue un tel voile de pessimisme, ce qui te permettra de voir la réalité !
En effet, il ne saurait exister, de royaume étalant, sous tes yeux, avec perfection, cette mesure d’effets induits par les promotions et les accessoires, un royaume appartenant à un roi au sommet de la justice, de la clémence, de la protection des sujets, de la capacité, du respect de l’ordre et de la compassion, avec l'image que t’en donne, actuellement, ton imagination. »
Après cela, l’homme malheureux retourna à sa droiture et son bon sens, exprimant son regret en ces termes : « Oui, je suis devenu fou à cause de l'alcoolisme et de l’ivresse. Qu’Allah soit satisfait de toi, car tu m’as sauvé de cette situation infernale. »
[Le sens de l'allégorie]
Ô âme ! Sache que le premier homme est infidèle[1] ou un négligent pervers, et que ce bas monde, à ses yeux, est dans un deuil général, tous ceux qui y vivent étant des orphelins pleurant sous le coup de la séparation et des gifles de la disparition.
[1] (al-kāfir) Mécréant - un être humain qui a rejeté les ordres divins apportés par les messagers et donc «couvert» la vérité.
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Les animaux et l'homme sont des créatures sans contraintes et errantes, lacérées par les griffes de la mort.
Les créatures énormes comme les montagnes et les mers sont comparables à d’immenses corps sans Ruh (esprit), et bien d’autres fantasmes douloureux et écrasants, résultant tous de sa mécréance et de son égarement et le tourmentant symboliquement
Quant à l'autre homme, il se définit comme un croyant. Il connaît le Tout-Puissant Créateur et croit en lui. A ses yeux, ce bas monde est une demeure faite pour se rappeler d’Allah le Clément, et une arène pour l'éducation et la formation des hommes et des animaux, un domaine où l’on éprouve les hommes et les djinns[1].
S’agissant des morts d’animaux et d’hommes, elles sont toutes libératrices. Ceux qui finissent d’assurer leurs fonctions de vie, quittent, moralement satisfaits, cette demeure périssable, pour rejoindre un monde serein, de manière à ce que de nouveaux agents puissent venir prendre service.
En ce qui concerne les naissances animales et humaines, elles sont à comprendre comme le fait de venir s’incorporer dans l’armée, de recevoir des armes et d’exercer ses fonctions. Tous ceux qui vivent sont des militaires recrutés, heureux et subalternes, honnêtes et satisfaits.
[1] (Al-djinn) Les êtres mentionnés dans le Coran, qui ont le libre arbitre et ont été créés à partir de feu sans fumée. Ils existent dans leurs propres communautés, cachés de la vision humaine, bien qu'ils puissent nous voir. Le prophète (psl) leur a également apporté son message, et ils seront donc jugés comme des êtres dotés du libre arbitre, et envoyés pour habiter soit dans le paradis, soit dans l'enfer.
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Les échos, dans leur globalité sont, soit des évocations et des glorifications au début de l’exercice des fonctions, soit des remerciements et de la joie à l’issue de celles-ci, ou des rythmes issus du ravissement que procure le travail.
[La vraie foi fait en sorte que la vraie nature joyeuse des êtres, ainsi que des vérités cachées, se manifestent au croyant]
Selon ce croyant, toutes les créatures sont des serviteurs sociables, des agents fraternisant, et de bons ouvrages de son Maître détenteur de générosité[1] et de miséricorde, et bien d'autres réalités agréables, sublimes, délicieuses et douces qui se révèlent et se manifestent à lui du fait de sa foi.
Par conséquent, la foi porte, symboliquement, un germe de l’arbre de la félicité paradisiaque[2], contrairement à l’infidélité qui porte, symboliquement, un germe de l’arbre dit « Zakkûm »[3] à l’intérieur de la Géhenne (Enfer).
[1] (al-Karīm) Le Généreux - un nom d'Allah - Celui qui est fidèle à sa promesse, donne même au-delà de ce qui est espéré, et qui enrichit Ses créatures de sorte qu'ils n'ont pas besoin de demander à quelqu'un d'autre que Lui.
[2] (al-ṭūbā) L'arbre de félicité est un arbre qui pousse au paradis et qui aurait ses racines dans les cieux. Selon un hadith, il est si grand qu'un cavalier peut voyager sous son ombre pendant cent ans sans le quitter. (Voir Ṣaḥīḥ al-Bukhārī 4: 474.)
[3] (al-zaqqūm) L'arbre de Zaqqūm est un arbre maudit en enfer, dont le damné sera obligé de manger. (Voir Coran: al-Dukhān, 44: 43-46)
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Sous ce rapport, la paix et la sécurité ne sont nulle part ailleurs que dans l'islam[1] et la foi. Puisqu’il en est ainsi, nous devons toujours dire :
” اَلْحَمْدُ ِللهِ عَلٰى دِينِ اْلاِسْلاَمِ وَكَمَالِ اْلاِيمَانِ “[2]
[1] (Al-Islām) - Linguistiquement, cela dénote la soumission et donc l'entrée dans un état de paix et de sécurité. En tant que dénonciation de la soumission d'un être humain à la volonté d'Allah, c'est la religion primordiale de l'humanité qui a constitué le message fondamental de tous les prophètes, que la paix soit sur eux. Notre prophète Muhammad (psl), est venu avec la manifestation finale de l'islam, qui était libre de toutes les distorsions hérétiques qui étaient venues corrompre les manifestations précédentes. Dans le Neuvième Ecrit, l'Imam Nursi définit l'islam comme "soutenir la vérité et s'y soumettre", alors qu'il définit īmān comme "l'assentiment de sa vérité".
[2] Louange à Allah qui nous a gratifiés de l'islam et de la plénitude de la foi